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13 mars 2007

Réaction à l’article de Pierre Assouline paru sur son blog

Pierre Assouline écrit dans son blog

Littell is French
La vraie patrie d’un écrivain, c’est sa langue, celle dans laquelle il écrit. Jonathan Littell était déjà français, il lui a fallu le devenir. Si l’état d’esprit est une chose, à laquelle l’état d’âme n’est pas étranger, l’état-civil en est une autre. C’est fait depuis jeudi. Le premier ministre Dominique de Villepin, aidé de son directeur de cabinet, a accéléré la procédure afin que le lauréat du prix Goncourt 2006 obtienne son passeport. Pourtant l’écrivain, fils d’un Américain et d’une Belge, installé depuis peu à Barcelone, s’était déjà vu refuser deux fois la naturalisation l’an dernier par une administration malveillante ; à moins que par distraction, elle l’ait considéré à l’égal de n’importe quel étranger, d’autant qu’il ne remplissait pas toutes les conditions.

Comme Troyat autrefois, Littell a donc bénéficié d’un décret dont on use rarement, et qui permet d’accorder exceptionnellement la naturalisation à un étranger ayant contribué au rayonnement de la langue et de la culture françaises. Jonathan Littell doit être ces temps-ci le seul étranger qui, ayant fait fortune en quelques mois, choisit de devenir hexagonal et contribuable, au moment même où les Français les plus riches prennent la route l’exil fiscal pour l’Angleterre, la Suisse ou la Belgique.


J'avoue que je ne comprends pas bien la démarche de ce fils d'écrivain américain, qui a dû écrire un bon livre, puisque toutes les critiques ont été bienveillantes. Il paraît, d'après certains bruits de couloirs, qu'il ne pouvait plus agir comme il le souhaitait au sein de l'OGN " Action contre la faim" avec son ancienne nationalité, et qu'il est préférable qu'il soit français, pour aller en Pakistan. D’autres bruits de couloirs disent qu’il se servirait de ses droits d’auteurs pour faire des dons à l’ONG “ action contre la faim”. Enfin, et quoi qu’il en soit, le contribuable français doit être content puisqu'il a le bon goût de vouloir payer ses impôts en France et qu'il participe "au rayonnement de la langue et de la culture française"; après tout, il est peut-être plus français que ces Français qui veulent s'exiler pour échapper aux fiscs.